L'Alsace sous le joug nazi
Dès 1940, les Alsaciens sont mis au pas par le IIIe Reich. La société avait discrètement été infiltrée par des sympathisants qui étudiaient les rouages de la société alsacienne et renseignaient les nazis. Sans pitié, ils ont repris l’application du plan de germanisation déployé par le IIe Reich après 1871. Les rouages de la société culturelle, économique et politique sont confiés à des nazis convaincus, venus en conquérants de l’intérieur du Reich. Les Alsaciens qui se rallient au régime le font soit par opportunisme, soit par conviction. Ils reçoivent des places subalternes. Leur Führer exige d’eux un dévouement sans faille.
Toute la population est sous surveillance. L’usage du français est interdit. La violence devient l’expression du bon droit des vainqueurs. Les enfants sont embrigadés dès leur plus jeune âge. Ils apprennent à se battre, à chanter des chants d’une violence inouïe qui excitent leurs instincts les plus vils. Ils doivent une fidélité sans faille au Führer et sont invités à dénoncer ceux qui ne suivent pas la ligne fixée par le Parti, même s’il s’agit de leurs parents.
La question de la victoire finale du Reich ne se pose pas : c’est une évidence. Tout soupçon de doute, de défiance est réduit au silence. Le maillage de surveillance de la société n’oublie aucun domaine : agricole, culturel, économique, éducatif, familial, politique, sanitaire, sportif, religieux… La politique nazie se résume par ce slogan « Ein Volk, ein Reich, ein Führer ! » et exige que tout bon citoyen la serve. Toute résistance peut conduire aux pires sévices, voire à la mort.
Les Alsaciens sont Allemands. Toute évocation de la France est impitoyablement punie. Toute tentative de se soustraire au régime en regagnant la Suisse, la France de Vichy ou passant la Ligne de Démarcation a des répercussions sanglantes contre les proches des fuyards : déportation à l’intérieur du Reich, vers l’Est, camps, sévices, morts… Le IIIe Reich se donne les moyens d’éradiquer toute source de contradiction alsacienne.