Le Musée alsacien
En 1904, alors que l’Alsace fait partie de l’Empire allemand depuis un peu plus de trente ans, une poignée de notables francophiles décident de perpétuer le souvenir de l’Alsace qui ne se concevait que française. C’est ainsi que voit le jour la Société du Musée alsacien. Les sociétaires comptent parmi eux des mécènes industriels. Le Docteur Pierre Bucher et Léon Dollinger sont chargés de sa gérance. Ils acquièrent un immeuble situé le long de l’Ill au 23 quai Saint Nicolas à Strasbourg pour héberger les collections réunies. Ils s’inspirent des actions initiées par Frédéric Mistral pour valoriser la culture provençale dès 1899.
La conscience d’une identité alsacienne se construit sous couvert de conserver pour les générations futures les objets du passé et de proposer des mises en contexte des habitats, des objets du quotidien, costumes et coutumes.
Les travaux se terminent en 1907. A partir de ce moment se succèdent des fêtes bien souvent costumées en Alsaciens mais aussi en Français. Conférences, expositions, repas gastronomiques aux couleurs françaises s’y développent sans être inquiétés par le pouvoir en place.
En 1909, les gérants du Musée alsacien font le nécessaire pour permettre la participation alsacienne à l’Exposition Internationale de l’Est de la France à Nancy. C’est une occasion unique de montrer à la France que les Alsaciens perpétuent leur attachement à la Patrie et leur francophilie.
Lorsque le Premier conflit mondial se déclenche, l’un des deux gérants, Pierre Bucher, décide de rallier les rangs de l’Armée française. A partir de 1917, les autorités allemandes condamnent les activités du Musée, qualifiées de « propagande française » et la Société du Musée Alsacien est mise en liquidation.
Après la guerre, la Ville de Strasbourg accepte de prendre en charge le musée et de rembourser les sociétaires. Le Musée Alsacien devient municipal et peut rouvrir au public en 1919.